21/03/2010

Petite histoire de douane (Par Guillaume)

Pour notre arrivée en Russie , Pascaline eu la sage idée de préparer une malle avec dedans des jouets des enfants, des livres et d’autres petits objets bien pratiques.

Jour  1

Départ de celle-ci le vendredi 6 mars de Tongrinne (Belgique) arrivée à Zaventem le jour même. Là tout va bien, le coli est pesé et mesuré, la facture est rédigée et envoyée. Le lendemain, Pascaline paye la facture et le coli est prêt à décoller.

La malle doit partir en avion Cargo via la Turkish Air Line et doit arriver à Saint Petersbourg le vendredi 13 vers 17h50. (Le vendredi  13 aurait du nous faire penser à un présage)

Jour  7

Le jour de l’arrivée, je m’organise avec mon second à la brasserie pour aller chercher le coli. Avant de nous mettre en route, on sonne au terminal où la malle est stockée pour savoir si elle est bien arrivée. Réponse : oui elle est ici mais nous avons besoin de deux heures de battement pour faire les papiers (18 h + 2 H = 20 h è trop tard pour récupérer le coli). Je laisse donc partir mon collègue en lui disant que j’irai le lendemain tout seul et que je lui sonnerai peut être si j’ai besoin de me faire comprendre.

Jour 8

Le Samedi matin, je me  renseigne pour connaître les horaires des bus pour se rendre au terminal. Je pars de l’appartement à 10h45, arrive vers 11H à l’arrêt de bus. Je regarde sur un grand panneau métallique les heures de passage du bus 39. YES un bus dans 10 minutes. J’attends le bus 39.

45 minutes plus tard, le bus 26 est passé 2 fois, le bus 213 est passé 4 fois, le bus 13 est passé 3 fois mais le bus 39 n’est jamais passé.

Je sonne à mon interprète qui me dit :

-          Où es tu ?

-          À l’arrêt du bus mais j’attends depuis trois quarts d’heure mais je ne le vois pas passer

-          Quel arrêt ?

-          Parc Pobedy

-          Ne reste pas là, prends le métro jusque Moskovskaia et là bas prends le bus 39

-          Mais pourquoi est il marqué à l’arrêt où je suis l’horaire de passage du bus 39.

-          Je ne sais pas. Peut être que c’est un vieil horaire et que le bus ne passe plus par là !

-          Pourquoi ne retire-t-ils pas l’horaire à l’arrêt alors !!!!

-          Je ne sais pas peut être que celui qui doit retirer les horaires est malade depuis longtemps.

Je prends donc le métro et vais chercher le bus 39 un kilomètre plus loin.

Je sors du métro et Oh miracle, un mini bus 39 attend. Je rentre, je paie, j’essaie de m’installer, je replie mes jambes (bus de nain de jardin) et j’attends 6 minutes que le bus soit rempli et celui-ci démarre enfin. Je sais que je dois m’arrêter au 5ème arrêt. Problème c’est que ce mini bus ne s’arrête pas. Je passe devant le terminal sans pouvoir rien dire. Le bus va directement  à l’aéroport des lignes intérieures.

Arrivé à l’aéroport, je sonne à la traductrice. Pas joignable !! Merde de merde…

Je trouve un nouveau bus 39 (un vrai bus pas un mini bus) avec même marqué dessus les arrêts qu’il fait.

Le bus démarre, passe devant le terminal mais ne s’arrête pas. Merde de Merde…

De retour au métro Moskovskaia, on me fait comprendre que je dois quitter le bus. Je sors, je sonne à l’interprète, pas joignable merde de merde !!! C’est à ce moment précis que Pascaline me sonne. (Elle le subodorait que je devais être légèrement nerveux !)

- Chouchou tu rentres bientôt ?

- Je ne suis pas prêt de rentrer…

- Mais sonne à Svetlana (l’interprète) pour qu’elle t’envoit un taxi.

Le reste de la conversation serrait trop long à expliquer et à écrire et en plus ce ne serait pas judicieux de vous la narrer si je veux garder un peu notre couple uni.

Je trouve LE bus (pas mini) 39, je rentre, je paie, je m’installe et le bus démarre. Un arrêt, deux arrêts, trois arrêts et là je demande au chauffeur s’il s’arrête à « Grouzovouille Terminal » Réponse : « niet ». Je crois qu’à ma tête il a compris que ce serrait bien qu’il m’y arrête et, de faite, il s’arrête juste devant le terminal (il est 15h45 déjà !)

Je rentre dans le bâtiment (je montre mon passeport 1) et je rentre dans le bureau donne les papiers (je montre mon passeport 2).

-          Can you give me your passport?

-          Yes, here you are

-          Thank you. Can I do a copy of your passport?

-          Yes no problem you can do it.

15 minutes après je revois enfin la bonne femme avec mon passeport (photocopieuse manuelle peut être ?). A ce moment, elle prend un gros cachet et l’impose sur les documents. Elle me dit que maintenant je dois aller à la douane mais que ce n’est pas possible car celle-ci est fermée le weekend et que je dois aller lundi pour déclarer que je veux récupérer une malle avec des effets personnels dedans.

Tout ça pour ça. Un cachet et je reviens bredouille. Je sonne à l’interprète et là elle est joignable. Elle me commande un taxi pour me taper à la maison. Prix du trajet 570 roubles quand j’arrive à la maison je lui donne 600 roubles et deviner ce con de taximan me dit qu’il n’a pas de quoi rendre la monnaie et se barre (tout fier de se mettre la différence en poche) ! Mais petite vengeance personnelle, je vois que son pneu arrière droit fait des bulles dans la flaque d’eau et je ne lui dis rien ( il n’a pas su terminer ça journée sans devoir se mettre à 4 pattes pour changer sa roue dans l’eau ) c’est bien fait pour lui. Le nettoyage de ses vêtements c’est plus que 30 roubles.

De retour à la maison vers 16h45, Ninon et Noé sont déçus de me voir rentrer sans rien.

Et là je dis tout fort et tout haut : «  je déteste la Russie !!! Merde de merde… »

Jour 9 et 10

Dimanche on va tous au parc zoologique histoire d’oublier qu’on n’a pas la malle. Le lundi je vais bosser et j’organise la journée du lendemain. Je trouve un mec des cuisines (Vasislav) qui veut bien venir avec ça bagnole et me donner un coup de main pour aller chercher le coli. Rdv à 9h30 à la sortie de métro Moskovskaia.

Jour 11 (Le plus dur, le plus long et le plus con)

9 h 30 métro Moskovskaia. 9h 35 je rentre dans la voiture du collègue. 10 h on est devant l’entrée du service des douanes. On rentre (on montre nos passeports 3) et on va au guichet 7. Je donne les papiers (je montre mon passeport 4). Discussion entre le collègue et le douanier. Cachet du douanier. Il nous envoie à « Grazavouille terminal » étage 3, bureau 108.

10 h 10 parking du terminal. On rentre (on montre nos passeport 5) et on va au bureau d’accueil. On doit remplir un fiche signalétique (en cyrillique) mon collègue m’aide. On rend la fiche (on montre nos passeports 6). La bonne femme nous donne à chacun un badge avec un numéro dessus. On va vers le bureau 108 de l’étage 3 et là personne la porte est fermée et bien entendu personne ne peut nous dire quand le bureau est ouvert.

10 h45 un homme ouvre le bureau. Je donne les papiers (je montre mon passeport 7) il fait une copie de celui-ci (deux minutes vu que lui il a une photocopieuse normale !!). Le gars du bureau demande si je veux récupérer mon coli aujourd’hui. Je dis que oui bien sûre. Et le mec prend sa calculatrice, et me montre un montant de 13703 roubles à payer. (Je me dis qu’il doit y avoir une caméra cachée dans le bureau qui doit faire un gros plan sur ma tête dépitée)

Je regarde dans mon porte feuille : 10600 roubles pas assez. Le collègue regarde dans ses poches 3500 roubles ok on peut payer. Le monsieur du bureau nous dit qu’il fait les papiers, qu’il demande à un inspecteur de vérifier son travail et qu’on doit le rejoindre vers 12 heures. On descend dans la cantine du terminal et on boit une soupe en attendant que les papiers se remplissent.

Pascaline me sonne pour voir où j’en suis. Je lui explique ce que j’ai fait et ce que je dois payer. De loin au téléphone, j’ai l’impression qu’elle tombe de sa chaise. Elle passe ensuite plusieurs coups de téléphone pour savoir si c’est normal de payer autant pour faire rentrer des effets personnels sur le territoire russe. Dans le quart d’heure qui suit, un homme de l’ambassade de Belgique à Moscou me sonne et me dit que le montant réclamé lui semble très élevé. Il me dit également que si je paye et qu’il s’avère que c’était moins cher, je ne saurai pas récupérer la différence.

Tant pis  il est 12h20 je vais dans le bureau du gars qui commence sérieusement à s’énerver quand on lui demande si c’est normal le prix qu’il réclame. Il me dit de le suivre et il m’emmène de l’autre côté du bâtiment pour que je m’explique avec une bonne femme qui elle, parle anglais. Cette dernière me dit que le prix demandé est le prix légal en fonction de la loi numéro XXX je sais plus j’ai pas retenu le numéro, j’ai juste compris que cette loi impose une taxe de plus ou moins 4 euros par kilo de marchandise qui rentre sur le territoire russe.  Même si se sont des effets personnels (loi de début 2010). Donc j’abrège, je paye, je fouille mes poches, je sais c’est moche mais plus beaucoup de sous sur moi.

Une fois la taxe payé je me dis que je vais enfin pouvoir aller chercher cette malle. Et bien pas du tout le mec du bureau me remet une farde plastique avec dedans 5 feuilles et une disquette format 3 pouce 1/4. Et explique à mon collègue que je dois me rendre au bureau du service de douane là où je suis déjà aller le matin même, pour remettre les papiers attestant que la taxe a bien été payée.

On remet nos badges au bureau et on repart vers le service des douanes.

Arrivée au service de douane, celui-ci est fermé pour cause de temps de midi jusque 14h. Donc on reprend la bagnole et on se dirige vers l’aéroport pour essayer de trouver un distributeur de billets histoire de manger quelques choses. On rentre dans le parking, on se gare et oh miracle il y a un distributeur automatique. Je sors la carte de banque et essaye de retirer 6000 roubles histoire de rembourser l’avance faite par mon collègue. Montant refusé ! Deuxième tentative 2000 roubles. Montant accepté. Tant pis pour le remboursement je verrai plus tard. On trouve la seule cafétéria du coin et on commande une salade et une eau chacun. 60 grammes de salade, 50 grammes (et je suis large) de poulet, 12 grammes de parmesan râpé, 6 tomates cerises coupées en deux le tout avec une petite vinaigrette. On a pris le temps de les savourer vu qu’on n’était pas pressé. Addition 876 roubles. Cher du gramme mais bon on est dans un aéroport c’est presque logique. On repart de là vers 13h45 non sans oublier de payer les 100 roubles de parking.

Arrivée au service de douane, on rentre (on montre nos passeport 8) on va vers le bureau et on attend le douanier et à 14H00 00 seconde le store du guichet s’ouvre. Je donne les papiers et la disquette (je montre mon passeport 9) de là on impose un nouveau cachet sur mes papiers. On sort et on retourne au « Grouzovouille terminal ». Pendant le trajet mon collègue belge qui m’a « prêté » son second pour aller chercher cette fichue malle me sonne pour me demander quand est ce que je compte revenir car il a besoin de lui. Réponse : aucune idée on ne sait pas dire cela avant d’avoir vu et mis la malle dans la bagnole. Toujours durant le trajet, le type de l’ambassade de Belgique à Moscou, me téléphone pour me dire que le prix réclamé est le prix normal. Ouf je n’ai pas payé de trop. Je n’ose pas imaginer la tête de Pascaline si j’avais commis un imper en payant tout de suite une somme erronée.

De retour au terminal, on rentre, (on montre nos passeport 10) on va au guichet qui donne les badges pour rentrer. Guichet fermé pour temps de midi jusque 14h30. On attend l’ouverture en remplissant une seconde fois la fiche signalétique en cyrillique. Le guichet s’ouvre, on donne les fiches (on montre notre passeport 11). On reçoit les deux badges et une carte pour faire rentrer la voiture dans la cours intérieure. Je passe par le portique et Vasislav passe avec la voiture par la barrière prévue à cet effet. On se dirige vers les quais de chargement, on demande au guichet ce qu’on doit faire pour récupérer le coli. Du guichet on nous envoie vers un autre guichet, je suis Vasislav qui se dirige tout droit vers un mur sur lequel est affiché 6  feuilles A4 avec plein d’explication en russe.

A mon grand étonnement, Vasislav, frappe contre le mur comme s’il voulait frapper à une porte. Et le mur lui répond un truc bizard en russe. Ce mur n’est pas un mur ordinaire mais bien un guichet fermé avec du plexiglas blanc opaque. Deux minutes après, le mur s’ouvre et un homme demande à voir les papiers. Il les regarde deux secondes, dit un truc à mon collègue et referme le mur aussi vite.

Avant de pouvoir récupérer le coli, on doit d’abord payer. Bien oui où avais je la tête ça faisait bien deux heures qu’on ne m’avait plus demandé ça. On repart vers de nouveau guichet pour payer ce qu’on doit. Facture de 1300 roubles, Merde de merde il me reste 1100. Mais quand il s’agit de devoir mettre des distributeurs de billets, les russes sont organisés. Il y en a un juste à côté.

Je prie Saint Antoine de Padou pour que ma carte me permette de bien vouloir me sortir les 200 roubles qui me manquent. Pas de chance, je ne peux pas demander 200 roubles, c’est minimum 500 roubles. Je recommence ma prière et mon opération. Merci Saint Antoine les 500  roubles sortent de la machine (en billets de 100 cherchez l’erreur). J’acquitte la facture et nous nous redirigeons vers le mur qui parle. Un homme ouvre le mur, prend les papiers, arrache 4 des 5 feuilles. (il me demande mon passeport 12) on nous met dans une liste d’attente pour le chargement. Quand vient notre tour, je n’en crois pas mes yeux le coli est là. Et on va pouvoir le mettre dans la voiture. Mon dernier stress c’est que la malle ne rentre pas. Faut dire qu’elle est balèze. On essaye de la rentrer et elle rentre, tout juste mais elle rentre. Je rentre dans la voiture et congratule mon collègue on y est enfin arrivé !!! On démarre pour se diriger vers le vigile qui garde la barrière d’accès à la cour de chargement. Le vigile nous demande les papiers et on lui donne. Il vérifie si tout est ok. Tout est OK. Je rentre dans la voiture, mais on me dit que je ne peux pas parce que la couleur de mon badge ne m’autorise pas à passer la barrière dans la voiture. Non !! Si Si !! Je dois passer par le bureau pour remettre mon badge. Pendant ce temps mon collègue rend son badge et la carte de laisser passer pour la voiture au vigile qui lui, ouvre la barrière et s’empresse de les remettre au bureau que je viens de passer. Procédure quand tu nous tiens !!!

Je ressors du terminal, rentre dans la voiture et nous voici enfin en route pour aller à l’appartement.

On sort la malle, on la monte et Pascaline nous attend avec les enfants. Heureusement, les enfants étaient hyper contents. Je dis heureusement car si en plus, ça ne leur avait pas fait  plaisir, je crois que je mettais le feu dedans.

Conclusion on est parti à 9h30 on est arrivé au boulot à 17h30. J’ai du montrer 12 fois mon passeport, je me suis rendu 3 fois au terminal, 3 fois à la douane ; Pascaline et moi avons du donner et recevoir une petite dizaine de coup de téléphone pour aller chercher un coli à l’aéroport.

La prochaine fois que vous trouvez que l’administration belge est compliquée, pensez que ça pourrait être pire si vous viviez en Russie !

Merci de votre lecture et bonne journée à tout le monde

 

 

08:30 Écrit par Les Denayer dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Wow ! C'est du lourd l'administration là-bas ! On aura bien rien en lisant toute cette "aventure" (même si j'imagine qu'à vivre, ça doit être moins drôle !)

Écrit par : Topher | 25/03/2010

et on se plaint en Belgique
sainte russie

Écrit par : ANNIE | 21/04/2010

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